Je commence à croire, à jurer, partout où je vais, que l'art naît ici, en Californie. C'est idiot, peut-être bien, de n'admettre qu'un lieu précis comme référence artistique. Car de plus, on s'obstine à espérer (à juste titre) que l'artiste (exceptionnel) se trouve au coin de chaque rue. Je ménage cette idée d'un art divin, urbi et orbi, et je me garde la conception du grand homme rêveur fécond. Mon inconscient est-il donc si machinal, quand soudain je pense à l'éternel California Dreamin' ?
"But the worst thing is depression-- if you're not entertained, depression will get you.", D. Johnston
Daniel Dale Johnston naît un 22 janvier 1961 à Sacramento, Californie. Je me suis créée depuis l'image d'une naissance burlesque ; l'éclosion d'un génie doit être romanesque. Il y a du soleil (rien de nouveau à l'horizon donc), des arbres, beaucoup d'arbres, à l'infini, puis le ciel... Je me fabrique la pellicule du moment : un interminable plan panoramique en contre plongée (regard de baby Daniel), auquel s'ajoute un court plan-séquence flashforward de l'oeil de D. Johnston. La rétine s'amuse, ou plutôt son double cérebral.
Il n'y a que ça de vrai, dans mon virtuose californien ; il vit et dort à l'asile parfois, pense à des choses invraisemblables, il est tantôt incohérent, tantôt halluciné ; tantôt délicieux dessinateur, tantôt solitaire interprète constellé. Daniel D. Johnston est pour moi un de ses guérisseurs universels, un artisant esthète. Il me rappelle les essentials :
They sit in front of their TV
Saying, "Hey! This is fun!"
And they laugh at the artist
Saying, "He doesn't know how to have fun."
The best things in life are truly free
Singing birds and laughing bees
"You've got me wrong", says he.
"The sun don't shine in your TV"
Et parce que le Sundance Film Festival est toujours la référence : The Devil and Daniel Johnston (de Jeff Feuerzeig)

