Small Town - Lou Reed & John Cale

Small Town - Lou Reed & John Cale
La soirée d'ouverture commence plutôt bien. Petits morceaux de quotidien dans les reportages officiels d'une Pologne communiste, images des années soixantes, courts métrages brillants... Kirk Douglas apparaît dans une école d cinéma polonaise et c'est incroyablement burlesque ; ces scènes de bagarres westerniennes, le bruit de flingues à toute berzingue, la masse de femmes au petits bouquets de fleurs autour de la star hollywoodienne, et enfin, mon sentiment, mes sentiments devrais-je dire, à la vue de tant d'information, de beaucoup de photographie en si peu d'instant. On reste sans voix.
Le public est agassant. On applaudit pour tout, pour rien au final. Il y a tout le gratin cultureux qui regarde Arte et qui a chez lui le DVD de Karambolage. Mais c'est vrai, tout de même, que l'on pourrait applaudir sans fin. Car on découvre à cet instant que, malgré les difficultés, le manque (de tout, presque), sous un régime grotesque en fin de parcours, les gens créent. La capacité de l'homme à créer, toujours, quoiqu'il arrive, est fascinante.
Et puis, un clip de 1972 sur Take Five de Brubeck, ça fout une claque magestueuse.
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# Posté le samedi 07 novembre 2009 07:10

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 07:31

Cosmic debris

Cosmic debris
« Une petite musique m'accompagne, lueur inextinguible, flamme accrochée à la lanterne du souvenir. C'est un air qui chante en moi lorsqu'un bonheur est proche :
Oh no I don't believe it
You say that you think you know the meaning of love
You say love is all we need
You say with your love you can change
All of the fools, all of the hate
I think you're probably out to lunch


La sérénade me fait tourner les jambes comme un rouleau de piano mécanique. Les mots sont des notes légères, des papillons de compagnie. J'ignore leur charge fulminatoire, l'estocade pointée vers le power of love et le monde des fleurs. Ce sont des mots posés sur un instrumental, un thème en forme d'oiseau qui apparaît puis disparaît, jouant avec le feuillage dans un album intitulé Lumpy Gravy.
En dépassant la Tour Saint-Jacques, pareille à un tournesol (André Breton), je songe à ces germes d'or, aubaines offertes par le hasard. Des images se rejoignent, se superposent, composant à la fin un décor de chambre étroite, auditorium de poche, où préside invariablement le garçon aux cheveu blonds, ange gardien, passeur et messager.
Hermès chaussé de Pataugas, Michel est le fanal des routes obscures. Il indique de nouvelles directions sur la carte du temps. Son goût pour la musique est gravitationnel. Il attire les coeurs aux battements incertains, les esprits souples mais dangereusement exposés aux lois de la contrainte. Magnétique comme l'influx du loup, il entraîne avec lui les âmes rebelles, insatisfaites. Nous suivons un même parcours, celui que la société a tracé avec ses escales sans joie. Nous le suivons pour fuir les programmes imposés, la doctrine officielle. C'est le chemin qui va de côté. »
Frank Zappa/One size fits it all, Guy Darol

Dans les oreilles
Matilda Mother - Pink Floyd
Five Years - David Bowie
Pow R. Toc H - Pink Floyd
El Watusi - Ray Barreto
Elenore - The Turtles
That's The Way - Led Zeppelin
Bob Dylan Blues - Syd Barrett
If It's In You - Syd Barrett
Trouble Every Day - Frank Zappa & The Mothers Of Invention
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# Posté le mardi 03 novembre 2009 07:52

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 16:10

Klaus Nomi - Falling In Love Again


"They cluster to me
Like moths around a flame
But if their wings burn
I know I'm not to blame"

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 15:43

Keep Your Dreams - Primal Scream / Wined And Dined - Syd Barrett / Love Song - Syd Barrett

Keep Your Dreams - Primal Scream / Wined And Dined - Syd Barrett / Love Song - Syd Barrett
Fuck you.

IS WRITING, PREPARING SOMETHING.

You sometimes don't believe how violent it can be, will be. How nasty the human can be, or shall we say potentially is. Humans are nasty creatures. Some are better, some are worse. And I'm starting to dislike photos.

272
Qu'aimes-tu chez les autres ? - Mes espoirs.

274
Que considères-tu comme ce qu'il y a de plus humain ? - Epargner la honte à quelqu'un.

275
Quel est le sceau de la liberté réalisée ? - Ne plus avoir honte de soi-même.

Le Gai Savoir.

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# Posté le jeudi 08 octobre 2009 05:48

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 15:36

Au pays du concert, le brestois est roi.

Au pays du concert, le brestois est roi.
L'année musicale brestoise commence divinement bien là. Les groupes espagnols, c'est pas vraiment notre truc, c'est bien pour cela qu'on débarque en fin de prestation, qu'on se paye quelques verres, puis qu'on reste coincés aux casiers. Puis il y a le groupe brestois ; la funk, ça donne envie, ça va swinguer. Déception. La funk, finalement, c'est toujours pareil. Le rythme s'accélère, ou ralentit, mais ça ne colle pas. Quand on a cette impression que le groupe joue la même chanson depuis une demi-heure, c'est que quelque chose cloche. Ecoutable, certes, mais pas transportant. Et c'est ça qui importe, qu'on nous emporte.
The Heavy débarque enfin. Démarrage en puissance, et aucune descente. Tout colle, tous les membres du corps se lachent (dont parfois quelques mains derrière). C'est parfait. Tout devant, les yeux pétillants, rivés sur les Puissants. Puis tout s'arrête. Déjà ? Le public hurle, en demande plus, applaudit, applaudit, hurle... Non, c'est bien fini. Plus tard, on parlera avec le batteur : "It's was brilliant, but too short! -Too short? Well, it lasted at least an hour. -Did it really?! We thought you'd been there half an hour. -Haha, well you must've really liked it then."
Quand on a cette impression que le groupe a joué cinq minutes et qu'on en redemande, c'est que quelque chose s'est vraiment passé, ici. Transportés, emportés, la descente est quasi inacceptable.
Derrière nous, il y a le cliché d'un film des années 1960-70 du tonton branché-baiseur, moustache impeccable. Il te prend par la taille et souris comme un con quand tu te tournes. Il est tout petit, le son tellement puissant, tu te sens grand et danses encore. T'oublies tout le reste, tout autour. Et ça, c'est un des trucs les plus jouissifs dans la vie. Dans la nuit.

# Posté le dimanche 04 octobre 2009 08:27

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 09:59

To Solen.

To Solen.
I

Miss

You.


"But then they danced down the streets like dingledodies, and I shambled after as I've been doing all my life after peolple who interest me, because the only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue centrelight pop and everybody goes 'Awww!' What did they call such young people in Goethe's Germany?"

On the Road, Jack Kerouac
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# Posté le samedi 26 septembre 2009 11:16

Modifié le samedi 03 octobre 2009 07:20