All exquisite things start right here, CA (part 1)

The Story Of An Artist, Daniel Johnston

Je commence à croire, à jurer, partout où je vais, que l'art naît ici, en Californie. C'est idiot, peut-être bien, de n'admettre qu'un lieu précis comme référence artistique. Car de plus, on s'obstine à espérer (à juste titre) que l'artiste (exceptionnel) se trouve au coin de chaque rue. Je ménage cette idée d'un art divin, urbi et orbi, et je me garde la conception du grand homme rêveur fécond. Mon inconscient est-il donc si machinal, quand soudain je pense à l'éternel California Dreamin' ?

"But the worst thing is depression-- if you're not entertained, depression will get you.", D. Johnston

Daniel Dale Johnston naît un 22 janvier 1961 à Sacramento, Californie. Je me suis créée depuis l'image d'une naissance burlesque ; l'éclosion d'un génie doit être romanesque. Il y a du soleil (rien de nouveau à l'horizon donc), des arbres, beaucoup d'arbres, à l'infini, puis le ciel... Je me fabrique la pellicule du moment : un interminable plan panoramique en contre plongée (regard de baby Daniel), auquel s'ajoute un court plan-séquence flashforward de l'oeil de D. Johnston. La rétine s'amuse, ou plutôt son double cérebral.
Il n'y a que ça de vrai, dans mon virtuose californien ; il vit et dort à l'asile parfois, pense à des choses invraisemblables, il est tantôt incohérent, tantôt halluciné ; tantôt délicieux dessinateur, tantôt solitaire interprète constellé. Daniel D. Johnston est pour moi un de ses guérisseurs universels, un artisant esthète. Il me rappelle les essentials :

They sit in front of their TV
Saying, "Hey! This is fun!"
And they laugh at the artist
Saying, "He doesn't know how to have fun."
The best things in life are truly free
Singing birds and laughing bees
"You've got me wrong", says he.
"The sun don't shine in your TV"


Et parce que le Sundance Film Festival est toujours la référence : The Devil and Daniel Johnston (de Jeff Feuerzeig)
All exquisite things start right here, CA (part 1)

# Posted on Thursday, 19 November 2009 at 11:43 AM

Edited on Friday, 11 December 2009 at 5:18 PM

David Shrigley

David Shrigley
For people aren't really what they show, never hope with anybody ; it would mean that there's something completely wrong which is not being shown and you're not wanting to see either. For nice people are not rare, you just have to find them. And dayly dreams aren't always the right thing, I find them rather hypocritical. Love as much as you can, when possible. I always carry ink and paper with me, everywhere.
"Cause I'm a poet, don't you know it?", he (quite ironically) said.


"Une fois, justement, je découvrais des bus étrange(r)s. Ils ne ressemblaient en rien aux miens, aux Habituels. Chacun s'asseyait, en silence, chacun sur son petit siège, toujours en silence. Si quelqu'un tombe, en s'en fout ; pareillement s'il faut vraiment aider. Rien dans ces bus ne me faisait sourire. Pour descendre, on appuyait sur un bouton, puis, une fois le bus à l'arrêt, il fallait encore appuyer sur un bouton, pour cette fois ouvrir la porte. On ne connaît qu'un seul bouton ici, pour s'arrêter, puis la porte s'ouvre d'elle-même."

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# Posted on Sunday, 15 November 2009 at 8:22 AM

Edited on Friday, 11 December 2009 at 4:41 PM

Small Town - Lou Reed & John Cale

Small Town - Lou Reed & John Cale
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La soirée d'ouverture commence plutôt bien. Petits morceaux de quotidien dans les reportages officiels d'une Pologne communiste, images des années soixantes, courts métrages brillants... Kirk Douglas apparaît dans une école de cinéma polonaise et c'est délicieux ; ces scènes de bagarres westerniennes, le bruit de flingues à toute berzingue, la masse de femmes au petits bouquets de fleurs autour de la star hollywoodienne, et enfin, mon sentiment, mes sentiments devrais-je dire, à la vue de tant d'information, de beaucoup de photographie en si peu d'instant. On reste sans voix.
Le public est agassant. On applaudit pour tout, pour rien au final. Il y a tout le gratin cultureux qui regarde Arte et qui a chez lui le DVD de Karambolage. Mais c'est vrai, tout de même, que l'on pourrait applaudir sans fin. Car on découvre à cet instant que, malgré les difficultés, le manque (de tout, presque), sous un régime grotesque en fin de parcours, les gens créent. La capacité de l'homme à créer, toujours, quoiqu'il arrive, est fascinante.
Et puis, un clip de 1972 sur Take Five de Brubeck, ça fout une claque magestueuse.
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# Posted on Saturday, 07 November 2009 at 7:10 AM

Edited on Monday, 07 December 2009 at 7:58 AM

Cosmic debris

Cosmic debris
« Une petite musique m'accompagne, lueur inextinguible, flamme accrochée à la lanterne du souvenir. C'est un air qui chante en moi lorsqu'un bonheur est proche :
Oh no I don't believe it
You say that you think you know the meaning of love
You say love is all we need
You say with your love you can change
All of the fools, all of the hate
I think you're probably out to lunch


La sérénade me fait tourner les jambes comme un rouleau de piano mécanique. Les mots sont des notes légères, des papillons de compagnie. J'ignore leur charge fulminatoire, l'estocade pointée vers le power of love et le monde des fleurs. Ce sont des mots posés sur un instrumental, un thème en forme d'oiseau qui apparaît puis disparaît, jouant avec le feuillage dans un album intitulé Lumpy Gravy.
En dépassant la Tour Saint-Jacques, pareille à un tournesol (André Breton), je songe à ces germes d'or, aubaines offertes par le hasard. Des images se rejoignent, se superposent, composant à la fin un décor de chambre étroite, auditorium de poche, où préside invariablement le garçon aux cheveu blonds, ange gardien, passeur et messager.
Hermès chaussé de Pataugas, Michel est le fanal des routes obscures. Il indique de nouvelles directions sur la carte du temps. Son goût pour la musique est gravitationnel. Il attire les coeurs aux battements incertains, les esprits souples mais dangereusement exposés aux lois de la contrainte. Magnétique comme l'influx du loup, il entraîne avec lui les âmes rebelles, insatisfaites. Nous suivons un même parcours, celui que la société a tracé avec ses escales sans joie. Nous le suivons pour fuir les programmes imposés, la doctrine officielle. C'est le chemin qui va de côté. »
Frank Zappa/One size fits all, Guy Darol

Dans les oreilles
Matilda Mother - Pink Floyd
Five Years - David Bowie
Pow R. Toc H - Pink Floyd
El Watusi - Ray Barreto
Elenore - The Turtles
That's The Way - Led Zeppelin
Bob Dylan Blues - Syd Barrett
If It's In You - Syd Barrett
Trouble Every Day - Frank Zappa & The Mothers Of Invention
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# Posted on Tuesday, 03 November 2009 at 7:52 AM

Edited on Sunday, 06 December 2009 at 10:21 AM

Klaus Nomi - Falling In Love Again


"They cluster to me
Like moths around a flame
But if their wings burn
I know I'm not to blame"

# Posted on Wednesday, 28 October 2009 at 3:43 PM